Genocide Dismissed


30/09/2014 - 22/03/2015
 
Pendant plus de trois décennies de conflit avec les forces de la guérilla, l'armée guatémaltèque a mené une campagne féroce pour éviter la révolution dans ce petit pays d'Amérique centrale écrasé par la pauvreté, le racisme et l'injustice. Des centaines de milliers de civils sont morts. Beaucoup d'entre eux ont été portés « disparus » par les escadrons de la mort du gouvernement à cause de leurs liens présumés avec des éléments subversifs. En 1996, les autorités civiles et militaires se sont réunies avec les guérilleros et ont signé un accord de paix. Celui-ci a établi les bases d'une commission officielle de la vérité pour enquêter sur les atrocités commises pendant la guerre. La commission a conclu que l'armée et les forces paramilitaires étaient responsables de 93% des violations aux droits humains enquêtées. La pire des violences a ciblé la population indigène Maya du pays, via les opérations de « terre brûlée ». Le résultat : des villages entièrement saccagés, des maisons détruites, des animaux d'élevage abattus et des cultures anéanties. Le gouvernement guatémaltèque a appelé son assaut soutenu sur les communautés Mayas de « contre-insurrection ». La Commission de Vérité l’a appelé génocide.

Daniel Hernández-Salazar (né en 1956, Guatemala) est un artiste et activiste qui s’est donné comme mission de vie celle de documenter les effets du génocide au Guatemala à travers une approche personnelle et puissante de la catastrophe des droits humains de son pays. Depuis plus de 20 ans, il a développé un corpus de travail poignant et vital, qui demande aux spectateurs de s’engager dans les conséquences d'une terrible violence. Ce fut un génocide mené dans l'obscurité, où la plupart des crimes furent commis contre un peuple historiquement exclu, dans les hautes terres rurales reculées du pays, là où les journalistes s’aventuraient rarement. L’extrême cruauté des tactiques de l'armée a déraciné des communautés entières, dispersant ceux qui en ont échappé, et imposant un silence né de la peur pendant les années qui ont suivi.