18.06 - 12.12 | Concert Entartete Musik

 
 18 juin, 27 juin, 18 juillet, 23 novembre, 5 décembre et 12 décembre.
 Les spectacles de l'après-midi commencent à 15h00 et ceux du soir à 20h00.
 Série de concerts
 

Standaard: €20
-26 jaar: €15
UiT-pas avec tarif spécial: €4

 Une organisation du Centre culturel de Malines en collaboration avec Kazerne Dossin.
 Différents endroits à Malines

Kazerne Dossin:
18.07 Ensemble Tetracelli
05.12 Oxalys & Victor Chestopal
 

Dans le cadre de #FakeImages, Cultuurcentrum Mechelen organise la série de concerts « Entartete Musik » en collaboration avec Kazerne Dossin. Cette série de concerts, organisée par Piet Van Bockstal, se concentre sur la musique qui était considérée comme dégénérée et pernicieuse par le régime nazi. De nombreux compositeurs et musiciens ont été déportés, sont morts ou ont fui leur patrie à cause de cette musique. Les six concerts se dérouleront du 18 juin au 19 décembre 2021 en divers endroits du centre ville de Malines.
 

ENTARTETE MUSIK?

En 1938, lors de l’inauguration au Kunstpalast de Düsseldorf de l’exposition intitulée « Entartete Musik » (« Musique dégénérée »), sous les auspices du ministre de la Propagande Joseph Goebbels, personne n’aurait probablement pu prévoir les conséquences dramatiques de la manifestation. Tout comme dans l’« Exposition de l’Art dégénéré », organisée à Munich l’année précédente, les idéologues nazis y stipulaient en détail les normes que devait respecter la musique « contemporaine » de l’époque. La culture du sol et du sang propre au national-socialisme ne proscrivait pas seulement les « excès » tels que le jazz et le swing, mais muselait aussi les compositeurs innovants comme Schoenberg, Stravinski ou Hindemith. La plupart des compositeurs et interprètes « interdits » avaient des origines juives, ce qui correspondait bien sûr parfaitement à la politique raciale implacable des nazis.
Les effets hallucinants de ces sinistres manœuvres sont largement connus : de très nombreux artistes de divers horizons ont tourné le dos à la vieille Europe et ont émigré pour s’établir dans des lieux plus sûrs. Beaucoup d’autres – le plus souvent des Juifs, mais aussi des Roms et des Sintis – ont été arrêtés et déportés vers des camps de concentration et d’extermination.
Pour nous, aujourd’hui, il est et reste important de se rappeler que des êtres humains ont été écartés de la société pour des motifs raciaux, qu’ils ont été victimes d’un génocide et que la restriction ou l’interdiction de l’expression artistique et culturelle s’appuyait sur l’idéologie. Le fait que ces idées étaient étayées par une machine de propagande sans précédent fournit un lien direct avec l’exposition « Fake Images », proposée parallèlement à la série de concerts ; elle examine de près la thématique de la désinformation publique.

'PENDANT LES ANNÉES DE GUERRE, DE NOMBREUX ARTISTES ONT – BRIÈVEMENT – TRANSITÉ PAR LA CASERNE DOSSIN. LA VALEUR ARTISTIQUE INTRINSÈQUE DES ŒUVRES QUE CES ARTISTES ONT PU CRÉER MALGRÉ LES CONDITIONS DE VIE PRÉCAIRES, EST RESTÉE RELATIVEMENT MÉCONNUE. CETTE SÉRIE DE CONCERTS SOUHAITE Y REMÉDIER." Piet Van Bockstal

L’exhaustivité n’est nullement notre objectif ultime, car elle est quasiment impossible. Par ailleurs, la sélection d’œuvres ne se limite pas aux compositions écrites en circonstances de guerre – comme, par exemple, les œuvres tragiques composées au « camp modèle » de Theresienstadt, la « vitrine » artistique et humaine des nazis dans les années 1941-1945.

Un grand nombre d’artistes classés « dégénérés » ont – heureusement ! – connu encore une longue vie après la guerre. Mais leurs œuvres sont clairement marquées du sceau de la lourde terreur psychologique qu’a fait peser sur eux le national-socialisme.

Nous avons tenté d’associer toutes ces facettes dans un programme éclectique, voire vulgarisant, tout en insistant sur le contexte. En tant que curateur de cette série de concerts, honorer par cette initiative les « compositeurs dégénérés » qui n’avaient d’autre motivation que nouer des liens au travers de leur musique m’a semblé un geste empreint d’affection, en cette époque de polarisation où le climat politique est prompt à juger inappropriées les convictions religieuses, sociales et artistiques. C’est donc de tout cœur que je leur dédie ce festival.

Piet Van Bockstal, curateur
 

La série de concerts